Les causes profondes du rhume et de la grippe

 

Ces deux maladies touchent les voies respiratoires, mais il y a des différences entre elles :

 

Les symptômes habituels du « rhume » sont le nez qui coule, les sinus congestionnés, la toux, le mal de gorge. Les symptôme de la grippe sont en général beaucoup plus violents, et peuvent déboucher sur des infections du poumon ou une pneumonie. La grippe touche aussi les articulations, provoquant une sensation de courbature, alors que vous n'avez pas fait d'effort particulier.

 

Les virus de la grippe et du rhume se transmettent en général de la main à la main, mais gardez bien à l'esprit que le seul contact avec le virus ne provoque pas la maladie. Ainsi qu'indiqué plus haut, votre système immunitaire, s'il fonctionne bien, n'a en principe aucun mal à détruire ces virus.

 

Si vous tombez malade, c'est parce que vos défenses sont affaiblies par votre mode de vie :

 

  • vous manquez de soleil, vous ne mangez pas assez de poissons gras, et vous avez donc un déficit de vitamine D ;

  • vous vous couchez trop tard, après avoir consommé des excitants ou passé trop de temps devant l'ordinateur ou la télévision : vous dormez mal et n'êtes pas assez reposé le matin ;

  • malgré vos bonnes résolutions, et peut-être même votre inscription dans un club de gym, vous continuez à faire trop peu d'exercice ;

  • vous êtes dominé par des émotions négatives qui provoquent stress et tensions.

 

Lorsque nous approchons de la fin de l'hiver, mais que le froid et la brume persistent un peu partout, nous allons insister, une nouvelle fois, sur l'importance de la vitamine D, qui est derrière le rhume et la grippe, lorsqu'elle vient à manquer.

 

La vitamine D : cause sous-jacente du rhume et de la grippe

 

Le manque de vitamine D dans les populations des pays tempérés et nordiques est incroyablement courant pendant l'hiver : on parle de 90 % de la population qui aurait un niveau de vitamine D insuffisant.

 

La vitamine D favorise l’absorption intestinale du phosphore et du calcium, et assure leur fixation sur les os. Son rôle est donc important, et même vital. Elle prévient le rachitisme, une maladie caractérisée par une déminéralisation et une déformation squelettique généralisées.

 

La vitamine D est produite dans la peau sous l'effet des rayons ultraviolets B du soleil (UVB). La phobie anti-soleil actuelle conduit les gens à se surprotéger du soleil. Elle aggrave les déficits en vitamine D. Ainsi, en Inde, le rachitisme épargne les enfants des classes pauvres, qui vivent à l’extérieur, alors qu’il est devenu fréquent chez les enfants des classes aisées.

 

En 2009, une étude qui fut la plus grande et la plus représentative dans ce domaine, portant sur 19 000 personnes, a montré que ceux qui manquent de vitamine D ont un risque nettement plus élevé d'attraper la grippe ou le rhume, le risque étant plus grand encore pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires, comme l'asthme. (2)

 

Augmenter votre niveau de vitamine D

 

Je conseille de viser un taux de vitamine D dans le sang entre 65 et 110 ng/ml de sang.

 

Pour atteindre ce niveau de vitamine D, vous pouvez prendre des ampoules de vitamine D, consommer des poissons gras (l'huile de foie de morue est particulièrement riche en vitamine D), mais le moyen le plus simple est de prendre le soleil.

 

De nouvelles études montrent que le soleil est le moyen le plus simple, mais aussi le meilleur pour votre santé, de prendre de la vitamine D.

 

Lorsque vous exposez votre peau au soleil, le cholestérol qui s'y trouve est transformé en sulfate de vitamine D3. Cette forme de vitamine D est soluble dans l'eau, à la différence des compléments de vitamine D3 par voie orale, qui sont sous une forme non sulfatée. Elle peut donc circuler librement avec le flux sanguin, alors que la vitamine D3 non sulfatée a besoin d'être transportée par une molécule de cholestérol LDL.

 

La vitamine D que vous produisez naturellement sous l'effet du soleil est donc plus biodisponible que les compléments de vitamine D.

 

La vitamine D tue les microbes

 

La vitamine D est un agent anti-microbien remarquable : elle produit de 200 à 300 peptides antimicrobiens dans votre corps qui tueront les bactéries, les virus et les champignons (fungi).

 

Dans une étude publiée l'année dernière et qui a porté sur des écoliers pendant un an, pour comparer l'effet de la vitamine D3 avec un placebo, des chercheurs ont constaté que la grippe A avait touché 10,8 % des enfants prenant de la vitamine D, contre 18,6 %, donc 80 % de plus, dans le groupe placebo. (3)

La première chose à faire en cas de rhume

Dès les premiers coups de froids, c'est inévitable les rhumes et la grippe arrivent, ainsi que la consommation d'antibiotiques qui atteint des sommets.

C'est une absurdité puisque la plupart des infections courantes sont virales. Face à une infection virale, les antibiotiques ne font ni baisser la fièvre, ni guérir plus vite, car ils ne traitent pas la cause de l’infection. Ils ne préviennent pas non plus la contagion. Tout ce qu'ils font est de ravager la flore intestinale, et susciter l'apparition de nouveaux germes résistants aux antibiotiques.

Guérison spontanée

La plupart des infections virales, comme par exemple les rhumes, les angines, la toux ou la grippe, guérissent d’elles-mêmes spontanément. "Une grippe, c'est sept jours avec médicaments, et une semaine sans !", disait notre médecin de famille.

En attendant, on peut soulager leurs symptômes avec des remèdes qui atténuent les douleurs : huiles essentielles de menthe poivrée et de gaulthérie pour les maux de tête, tisane d'écorce de saule blanc pour les courbatures.

La vitamine C, qui est un puissant antioxydant, peut-être prise à raison de plusieurs grammes par jour jusqu'à ce que les symptômes de la maladie s'atténuent. Diminuez les doses si cela vous provoque de la diarrhée.

L'huile essentielle d'origan contre l'infection : plus elle est concentrée en carvacrol, plus elle est efficace. Attention, l'huile essentielle d'origan est d'une puissance spectaculaire, ce qui la rend exceptionnellement... dangereuse. On peut l'avaler avec une cuillère à café de miel mais, si par inadvertance vous en laissiez tomber deux gouttes pures dans votre cuillère au lieu d'une, vous en ressentiriez les douloureux effets immédiatement. Vous auriez l'impression que l'on vous carbonise le palais au chalumeau, et vous vous mettriez à saliver, cracher, peut-être même crier.

La propolis comme anti-microbien : cette résine fabriquée par les abeilles est un des agents microbiens qui a le plus large spectre d'action du monde. C'est aussi une excellente source d'acide caféique et d'apigénine (un flavonoïde), deux composés qui stimule la réponse immunitaire.

Un bon effet contre les symptômes du rhume et de la grippe peut être obtenu grâce à une tisane médicinale dans laquelle vous mélangerez des fleurs de sureau, de l'achillée millefeuille (herbe de la Saint-Jean), du tilleul, de la menthe poivrée, du gingembre et d'Eupatorium perfoliatum (herbe de Sainte Cunégonde). A boire chaud, ce qui vous provoquera des sueurs et aidera à éradiquer les virus de votre organisme. Car en effet, contre les virus, la température est votre amie :

Ne pas faire baisser la fièvre

En dessous de 38,9°C de température, j'estime qu'il ne faut rien entreprendre pour faire baisser la fièvre.

La fièvre est évidemment une réaction naturelle du corps qui la juge utile et nécessaire. Une température plus élevée aide le corps à détruire les virus. De nombreuses expériences effectuées par le Pr André Lwoff (prix Nobel) de l'Institut Pasteur à Paris, ont montré qu'à partir d'une température de 39°C ou 39,5°C, la majorité des virus (y compris celui de la poliomyélite) sont inhibés ou détruits.

D'autre part, certains dépôts et substances toxiques présentes dans votre corps se dissolvent lorsque la température monte : un accès de fièvre est donc l'occasion de les éliminer : les dépôts d'acide urique ou d'urates, par exemple, sont entraînés par le sang et éliminés par les reins.

Lorsque votre température commence à monter, donc, réjouissez-vous car cela veut dire que votre corps réagit bien. Soyez un petit peu patient : l'élimination des virus ne se fait pas en cinq minutes.

Si la fièvre vous inquiète, dites-vous que votre corps a sa propre manière de faire baisser la fièvre, s'il le juge nécessaire. L'hypothalamus, qui joue le rôle de thermostat, envoie automatiquement un message hormonal vers les glandes sudoripares pour que celles-ci sécrètent la sueur. En s'évaporant, la sueur fait baisser la température du corps. L'hypothalamus influence aussi notre métabolisme pour augmenter ou diminuer la production de chaleur interne, déclenchant le frisson (générateur de chaleur) ainsi que le besoin d'être au chaud ou au frais.

SOS-nez bouché

Pour décongestionner les sinus, humidifiez l'air de votre chambre, vaporisez dans vos narines une solution salée. Inutile de l'acheter en pharmacie, il suffit de mélangez 1/4 de cuillerée à café de solution sel (?) dans environ 200 ml d'eau bouillie et de vous l'appliquer grâce à un vaporisateur nasal.

Vous pouvez aussi faire bouillir de l'eau dans une casserole, puis placez votre tête recouverte d'une serviette au-dessus de l'eau chaude. Inhalez la vapeur pendant environ 15 minutes, 3 ou 4 fois par jour. Gardez votre visage à une distance d'au moins 35 cm de l'eau afin d'éviter de vous brûler.

Ajoutez du piment dans votre nourriture : la capsaïcine, ingrédient actif que contient le piment rouge, aide à dégager les muqueuses du nez et à favoriser l'écoulement nasal, ainsi que vous vous en êtes sans doute rendu compte la dernière fois que vous avez croqué par accident sur un piment dans un restaurant mexicain.

Proscrire le sucre

Tous les produits contenant du sucre raffiné sont alors à proscrire (y compris le chocolat) : ils peuvent entraîner un gonflement des membranes nasales, et leur effet est dévastateur sur le système immunitaire. Car voici comment le sucre agit : lorsqu'il arrive dans votre intestin, les bactéries et levures pathogènes (mauvaises) de votre flore intestinale se jettent dessus. Le sucre agit sur elles comme un engrais, ce qui déséquilibre votre flore et rend votre système immunitaire vulnérable aux attaques des virus respiratoires.

La plupart des gens ne réalisent pas que 80 % de notre système immunitaire est situé dans notre intestin. C'est pourquoi maîtriser notre consommation de sucre est cruciale pour optimiser nos défenses naturelles. Il serait sage de limiter votre consommation totale de fructose à 25 grammes par jour si vous êtes en bonne santé, et à 15 grammes par jour si vous faites de l'hypertension, du diabète, si vous avez une résistance à l'insuline ou des problèmes cardiovasculaires.

Exercice et bon bain chaud

Tant que vous ne souffrez que d'un simple rhume, et que vous n'avez pas de fièvre, faire de l'exercice, si possible à l'extérieur, diminuera la congestion nasale, et renforcera vos défenses immunitaires. En rentrant, faites-vous couler un grand bain chaud, qui renforcera l'effet décongestionnant et améliorera la circulation au niveau du nez. Les effets de l'exercice se poursuivent environ quatre heures après la séance.

Vous pouvez compléter ces bienfaits en buvant, non une bière ou du vin rouge, qui congestionnent, mais de la tisane d'éphédra, une plante chinoise. On la trouve dans le rayon thés et tisanes des magasins bio mais assurez-vous d'acheter l'Ephedia sinica, variété chinoise ou indienne. Si vous n'avez pas d'éphédra, buvez au moins une à cinq tasses de thé vert par jour. Il a été prouvé que cette boisson pouvait être efficace contre la grippe. (1) Attention de bien laisser le thé vert infuser dix minutes, contrairement au thé noir qui peut être bu bien plus rapidement.

Mais vous aurez remarqué que, quelle que soit la virulence des virus, certaines personnes, sans raison apparente, ne tombent tout simplement pas malades. C'est que le rhume et la grippe, comme les autres maladies infectieuses, ne sont pas provoquées seulement par un virus. Il faut une autre cause : une faille dans le système immunitaire, qui le rende incapable de résister au virus.

Quand appeler votre médecin ?

Les infections des sinus, des oreilles et des poumons (bronchites et pneumonies) sont des exemples d'infections bactériennes qui réagissent aux antibiotiques. Si vous développez un des symptômes suivants, c'est un signe que vous souffrez peut-être d'une infection bactérienne plutôt que d'un virus, et vous devez appeler votre médecin :      

  • Fièvre de plus de 38,9°C ;
  • Mal aux oreilles ;

  • Douleurs autour des yeux, surtout si vous mouchez une substance verte ;

  • Respiration courte et toux persistante et incontrôlable ;

  • Toux persistante et crachat de glaires jaunes et vertes.

Pour finir, si vous avez dû prendre des antibiotiques, n'oubliez pasde  rétablir votre flore intestinale en prenant un probiotique de haute qualité, une fois que vous aurez cessé votre traitement.


Bon rétablissement !