«Il y a les cycles de succès au cours desquels tout semble vous sourire et bien aller, et les cycles de l'échec quand tout ce que vous avez entrepris s'étiole et se désintègre et que vous devez tout laisser aller afin de faire place à la nouveauté ou à la transformation. Si vous vous accrochez et résistez à ce moment-là, cela veut dire que vous refusez de suivre le courant de la vie, et vous en souffrirez. Il n'est pas juste d'affirmer que le cycle de l'évolution est bon et celui de l'involution, mauvais, sauf dans le jugement de l'esprit. En général, on considère l'évolution comme positive. Mais rien ne peut croître éternellement. Si cela devait être, imaginez un peu la monstruosité et la destructivité qui en résulteraient au bout du compte. L'involution est nécessaire pour qu'une nouvelle croissance puisse se produire. L'une ne peut exister sans l'autre.»

– Eckhart Tolle, Le pouvoir du moment présent

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Nous sommes tous conscients des cycles de la nature. Les saisons sont tellement variées que l’on vit quasiment dans quatre pays différents sans même avoir à bouger! Le printemps se démarque par son calme rempli de belles promesses. On raffole de l’été, la saison-vedette… toujours éclatante de couleurs et de vie. À l’automne, la nature nous couvre de cadeaux, pour ensuite se précipiter au lit et commencer à faire dodo. Et il y a l’hiver, bien sûr… Ah, l’hiver! Il peut être d’une beauté spectaculaire, mais il y a des moments où on préférerait l’admirer sur des photos, les pieds bien au chaud.

On voit généralement les saisons comme un phénomène intéressant, mais extérieur à nous. Or, avez-vous remarqué que l’on traverse différentes «saisons» dans nos vies, également? Il y a des phases pendant lesquelles on a le vent dans les voiles et la bonne humeur facile. Il y a d’autres périodes pendant lesquelles rien ne semble bouger, mais où on voit tout de même de jolies possibilités commencer à bourgeonner. Et à certains moments… Eh bien, c’est l’hiver. Notre énergie est basse; on a moins d’élan, moins de créativité. Sous la surface, on peut sentir une bouillie d’émotions qui n’a rien d’ensoleillé. Ces périodes sont parfois brèves et provoquées par des événements précis, elles peuvent même durer une seule journée. Mais il arrive qu’elles s’étendent sur plusieurs semaines, sinon plusieurs mois, sans avoir de cause apparente. Comme une saison, justement.

Les phases hivernales nous apparaissent bien souvent comme des échecs ou comme des anomalies. En fait, on pourrait même dire que c’est une saison taboue… On a toujours un peu honte de ne pas être au sommet de notre forme, de ne pas correspondre à l’image perpétuellement pétillante qui est tant valorisée. Ainsi, on aura tendance à se contracter et à étouffer ce que l’on vit. Souvent, on essaiera de faire monter notre énergie par des moyens artificiels et des solutions superficielles qui nient nos véritables besoins du moment. Par exemple, peut-être se lancera-t-on dans un nouveau projet pour se distraire, même si on sent que ce n’est pas le moment. On plantera des fleurs de plastique dans la neige, finalement.

 

Question : si les saisons sont acceptables pour la nature, pourquoi ne le seraient-elles pas dans nos vies? Pourquoi serions-nous la seule et unique forme de vie sur la planète qui puisse rester constamment au sommet de sa vitalité?

 

Cela m’a pris un bon moment à l’admettre, mais l’hiver fait partie intégrante du cycle de la vie. Une partie essentielle du cycle… car il permet à toutes les autres saisons d’exister. Oh, quand on vit de beaux moments de printemps et d’été, on ne donne généralement aucun crédit aux périodes hivernales qui les ont précédés… Or,  les deux sont intimement liés. Quelque chose doit mourir, pour qu’il y ait une renaissance; il faut une période de gestation pour qu’une nouvelle vie puisse se former. Et comme vous avez certainement pu le constater, ce sont ces moments «hivernaux» qui nous donnent la motivation de nous connecter à notre être profond et de chercher cette paix divine qui est à l’abri des saisons. On se contenterait souvent d’un bien-être superficiel si c’était une possibilité.

Ainsi, autant il est important de profiter pleinement de l’été, autant il est crucial de se réconcilier avec l’hiver, si on veut que notre vie se déploie avec fluidité. Car chaque fois que l’on s’oppose à la partie du cycle que l’on vit, on bloque un peu le mouvement naturel qui l’amènerait à se compléter. Paradoxal, n’est-ce pas? Évidemment, il n’est pas question ici de s’affaisser et de renoncer à aller mieux sous le prétexte que nous vivons une saison spécifique… Non, on parle simplement de se décontracter et d’accueillir ce que l’on ressent vraiment – sans essayer de s’en distraire constamment ou de l’étouffer. On parle de prendre tous les moyens pour se faire du bien, mais à partir d’où on se situe vraiment, non pas d’où on pense devoir être. Car ce qui nous aide à traverser nos périodes hivernales est très différent de ce qui illumine nos journées d’été.

Je ne sais pas si vous vivez une saison plus maussade présentement, que ce soit sous la forme d’un vague sentiment de lassitude ou d’un puissant ras-le-bol. Que diriez-vous de garder votre cœur aussi ouvert que possible malgré tout? Que diriez-vous de plonger encore plus profondément dans l’expérience, même, plutôt que de rester en surface et de vous épuiser à tenter de vous échapper? C’est ce que je vous propose. Cessez de résister, faites un avec ce que vous vivez, et une bonne partie de la lourdeur qui vous habite sera diffusée. Ouvrez-vous à cette saison comme si elle était la meilleure chose qui vous soit jamais arrivée, et vous découvrirez prochainement que c’est exactement ce qu’elle est.

 

 

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Marie Pier Charron, https://implosions.infusionsoft.com/app/linkClick/10715/f6f3ff55b1da5073/101550015/30c0534eb2435640