Il existe un lien étroit dans le coeur et le cerveau émotionnel. Les neurosciences ont démontré que le coeur possède en effet son propre cerveau. C'est un système nerveux indépendant composé d'environ quarante mille neurones, dont l'impulsion influence nos émotions.

Comment ça marche ?

Nous sommes pourvu de deux systèmes nerveux autonomes qui évoluent conjointement et en parrallèle : le système nerveux orthosympatique, chargé des accélérations et de l'agitation, et le système nerveux parasympathique, qui ralentit et nous calme. En fonction de ce que nous traversons ( physiquement, émotionnellement ou mentalement ), ces deux compères valsent en permanence pour nous permettre de nous adapter à ce qui se présente. La variabilité cardiaque est une fréquence détectable qui atteste de cette danse. Lorsque les deux système nerveux sont au repos, nous sommes alors en cohérence cardiaque.

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L'institut américain Heartmath a déterminé que, volontairement et en quelques instants seulement, nous avons le pouvoir de provoquer cette cohérence et nous libérer de tensions psychologiques et physiologiques. 

L'état de cohérence cardiaque existe au naturel, sans effort particulier. Il ne s'agit pas de relaxation, mais d'harmonie. Les chercheurs de Heartmath en listent les bénéfices : 

  • une diminution du stress et de l'anxiété;
  • une réduction des maladies cardio-vasculaires : le chaos les provoque, la cohérence les éloigne;
  • de meilleures performances aux examens et épreuves par une meilleure gestion du trac;
  • une régulation de la tension artérielle, avec un bénéfice physiologique immédiat pour les artères:
  • une amélioration de la production de DHEA : plus qu'un ralentissement du vieillissement, on atteint même de niveaux de rajeunissement;
  • un meilleur équilibre émotionnel, celui du corps participant à celui de l'esprit;
  • une baisse de la sécretion du cortisol, une hormone du stress qui fait des ravages sur l'organisme;
  • une stimulation du système immunitaire par la sécrétion de globules supplémentaires pendant les 6 heures qui suivent un épisode de 5 minutes de cohérence cardiaque

L'état de cohérence cardiaque s'atteint naturellement lorsqu'on prie, que l'on éprouve de la compassion ou cet émerveillement chanceux qu'est la gratitude. Se sentir béni, gâté et comblé nous met en cohérence.

Selon le Dr David O'Hare, pratique la cohérence cardiaque permet même de rajeunir; éprouvé par notre mode de vie, notre corps peut être plus "vieux" que notre age réel. Le stress, avec sa production de cortisol qui détruit vitamines et minéraux, abime nos organes et provoque des troubles digestifs, mais aussi endocriniens, des troubles de la mémoire, des maladies infectieuses, des cancers, des dépressions, de l'inflammation, etc. Et nous y sommes exposés chaque jour.

Prendre soin de son organisme ne consiste pas qu'à faire du sport. Les émotions positive et une respiration particulière l'entretiennent aussi. 

Comment pratiquer ?

Il s'agit de respirer à un rythme régulier et relativement soutenu pendant 5 minutes. Voici concrètement comment vous y prendre :

  • Equipez vous d'une montre à trotteuse ou d'un chronomètre, ou tapez "cohérence cardiaque" sur Youtube.
  • Dans un endroit calme, assis sur une chaise, le dos bien droit et les jambes décroisées, prenez deux respirations lentes et profondes.
  • Maintenant, expirez pendant cinq secondes,
  • puis inspirez pendant cinq secondes.
  • Recommencez.
  • Continuez à ce rythme là pendant 5 minutes.

 La respiration se fait naturellement, par le nez, sans forcer, quasi silencieuse, mais à un rythme particulier : 6 respirations par minute. C'est le chiffre magique. Celui de la résonance à la fréquence de 0,1 Hz qui crée cet équilibre cardio-respiratoire. 

Vous allez probablement sentir qu'il ne s'agit pas d'une respiration de relaxation. Si vous pratiquez déjà la méditation ou le yoga, cette respiration est plus rapide. Mais il ne s'agit pas de détente, il s'agit d'alignement.

Cette respiration agit aussi sur notre nerf vague et provoque une baisse de la tension artérielle. Les oersonnes dont la tension est naturellement basse peuvent éprouver le besoin de s'allonger et de limiter la séance à 3 minutes.

Le docteur David O'Hare propose la combinaison 3-6-5 comme aide à la pratique : procéder 3 fois par jour, à 6 respirations par minute, pendant 5 minutes. Soit 30 respirations complètes. Une fois le matin, une fois en milieu de journée et une dernière vers 17heures pour tenir jusqu'au soir. L'état de cohérence cardiaque est atteint dès la fin de la première minute de respiration, mais les bénéfices se récoltent au bout de 3 minutes et irriguent l'organisme pendant les 3 heures qui suivent la pratique. Les minutes suivantes ( 2 ou plus ) sont conçues pour en profiter et accentuer les effets.

Consacrer plusieurs fois 5 minutes dans sa journée à se poser et à réaligner son organisme permet aussi de récupérer et d'interrompre notre course. Je vous encourage vivement à ritualiser votre effort. 3 fois 5 minutes semblent peu, mais caler 5 minutes par jour constitue un vrai effort, alors 3 fois 5 minutes c'est 3 fois plus d'effort. Commencer la journée par une première séance est plus facile. Avant d'allumer radio, téléphone, cafetière ou bouilloire, voire les lumières de la maison, glissez vous dans un coin tranquille et commencez.

Souvent, lorsqu'on est en cohérence, le ventre se met à gargouiller. Signe que les systèmes nerveux autonomes sont en train de lâcher. Manifestation physiologique de notre succès, le parasympathique est au travail. Vous l'aurez peut être remarqué mais ce même phénomène se passe souvent pendant une séance d'ostéopathie, et c'est exactement pour les même raisons.

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Voici le lien vers une vidéo pour débuter et avoir le bon rythme respiratoire : https://www.youtube.com/watch?v=22deFxgJF4Q

Pour aller plus loin sur le thème de la gestion du stress, voici un article déjà publié sur ce blog : Notre manière de gérer le stress est plus importante que le stress lui même http://cheminsdelasante.canalblog.com/archives/2012/11/16/25593418.html

 

 

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Sources : 

"Power Patate" Florence Servan Schreiber : p257-p264