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« L’exercice est, avec l’alimentation et la gestion du stress, l’un des trois piliers fondamentaux de la santé naturelle ».


Si vous n’avez pas lu, vu ou entendu cent fois cette phrase – ou l’équivalent – c’est que vous vivez dans une grotte ou que vous êtes déjà mort.

Ce n’est pas possible autrement ! Tout le monde le répète, c’est écrit partout, même les médias et les slogans officiels vous le disent : il faut mangerbouger (point fr) !

Très bien. Mais que faire si l’on n’aime vraiment pas le sport ? Si on déteste courir, nager, si la seule idée de l’endurance nous terrifie ???

Voici peut-être une solution.

Le secret d’une « énorme feignasse »


Aujourd’hui, je voulais vous faire découvrir le témoignage d’une jeune femme, atteinte d’un cancer du sein à 25 ans. Avec courage et humour, elle s’est choisi le pseudonyme de « La cantatrice chauve », et elle raconte comment, au beau milieu de la chimiothérapie qui lui a fait perdre ses cheveux, elle a réussi à se mettre au sport, elle qui détestait ça [1] :

« À mi-parcours de ma chimiothérapie, quand monter trois marches m’essoufflait autant qu’une vieille personne en fin de vie, j’ai acheté un petit stepper pour les jours où il faisait trop froid pour marcher dehors, pour les jours, surtout, où je chercherais des excuses. Et je me suis mise au sport. Très doucement.

À peine deux mois plus tard, je faisais 30 minutes par jour de « petite course ». Non pas que j’eusse l’idée de profiter des circonstances pour perdre des kilos en trop. Je n’ai jamais eu de kilos en trop, raison pour laquelle, probablement, aucun médecin ne me recommanda de me mettre au sport, ignorant que je ne m’y étais jamais mise : parfois, le métabolisme est trompeur. Il aurait suffi au médecin de me poser la question pour se rendre compte que j’étais une énorme feignasse.

Non, ce qui m’a fait monter, au beau milieu de la chimiothérapie, sur ma machine à suer, c’est de lire que le sport prévient le cancer du sein, ses récidives, et d’autres pathologies ; toutes les femmes, les « minces » aussi, sont concernées.

Aux médecins : initiez les femmes, malades et bien portantes, à ce soin quotidien, si celui-ci ne fait pas encore partie de leur routine. Aux femmes : vous pouvez toutes avoir une « activité sportive pratiquée dans des conditions aptes à maintenir ou améliorer la santé » : il ne s’agit pas de « se dépasser », obsession décourageante de notre société de performance, mais de s’accompagner soi-même, en étant à l’écoute de nos capacités, qui sont là et qui sont extensibles ; ne les enfouissons pas dans l’attente de jours meilleurs.

Le médecin peut discuter avec la patiente, proposer, prescrire : le sport, une alimentation saine, un travail sur le stress (sport encore, entourage bienveillant, psychothérapie, sophrologie, yoga ou autres disciplines pouvant convenir aux goûts et aux capacités de la patiente) : tous ces soins renforcent les soins chimiques, renforcent le cœur qui souffre ; ils sont une lutte pour que l’esprit et le corps meurtris cessent de broyer du noir. »

 

Inutile de se « dépasser » 


Il ne s’agit pas de se « dépasser » nous dit La Cantatrice Chauve, et je crois que ce conseil pourrait être utile à beaucoup de personnes qui redoutent de démarrer ou de reprendre l’exercice.

Penser qu’il faut « se dépasser », c’est être dans un univers mental qui évoque la performance ultime, celle des marathoniens qui semblent courir dans l’air, des alpinistes suspendus d’une main à une crête, des surfeurs qui foncent dans un rouleau de la taille d’un immeuble etc.

C’est prendre le risque de se décourager avant même d’avoir essayé.

La Cantatrice Chauve, elle, a juste acheté un « stepper », un petit appareil de gym qui reproduit le mouvement à faire pour monter… une marche d’escalier. C’est tout.

Mais elle a franchi un pas immense le jour où elle est montée dessus, sans autre ambition que de faire du bien à son corps malade.

Je crois que c’est la meilleure façon d’envisager l’exercice physique quand il nous fait peur.

Prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, marcher pour aller travailler le matin plutôt que de sauter dans les transports en commun, profiter d’un trajet à pied pour faire la conversation avec quelqu’un etc.

Dans son livre « Le meilleur médicament c’est vous », le Dr Frédéric Saldmann évoque une étude publiée en 1953 dans The Lancet, revue scientifique de première importance. Cette étude portait sur les conducteurs et les contrôleurs des bus de Londres, les célèbres bus rouges à deux étages [2].

Le conducteur y passe la journée assis derrière son volant et le contrôleur, lui, est debout, toujours à naviguer entre les deux étages. À votre avis, quelle est la meilleure place ?

L’étude a montré que les contrôleurs faisaient moitié moins de maladies cardiovasculaires que les conducteurs grâce à cet exercice physique.

Prendre un « bain de forêt »


Une fois ces réflexes pris, on découvre à quel point ils sont agréables et comme ils nous font du bien.

Une équipe de chercheurs a montré que le nombre de pas recommandés par jour est de :

12 000 pour les femmes âgées de 18 à 40 ans,

11 000 pour les femmes entre 40 et 50 ans,

10 000 de 50 à 60 ans, et 8 000 à partir de 60 ans.

Les hommes de 18 à 50 ans devraient faire 12 000 pas par jour et 11 000 pas à partir de 50 ans, soit 8 à 10 kilomètres par jour pour garder un poids idéal.

La marche à pied est d’ailleurs un sport particulièrement indiqué pour les personnes souffrant de douleurs chroniques, de fibromyalgie ou d’arthrose.

Et si vous le pouvez, privilégiez la marche en forêt ou dans un parc dont les études ont montré qu’elle était plus bénéfique pour le bien-être que la marche en milieu urbain [3], probablement parce que notre cerveau est moins souvent dérangé par les bruits, les feux rouges, la publicité etc [4].

Les chercheurs appellent ça prendre un « bain de forêt », et on peut le prendre à plusieurs (en tout bien tout honneur) !

Quant au stepper de La Cantatrice Chauve, je n’ai pas de compétence particulière pour vous en conseiller un plutôt qu’un autre, mais il suffit d’une petite recherche sur Internet pour trouver des modèles à des prix très abordables (quelques dizaines d’euros). La code à sauter est aussi une bonne alternative! À terme, il faut viser entre 20 et 30 minutes d’exercice par jour.

 

 


Sources :

Pure Santé : Gabriel Combris

[1] Un cancer du sein à 25 ans, c’est possible : un témoignage

[2] Frédéric Saldmann, Le meilleur médicament, c’est vous, Albin Michel.

[3] Park B.J, et al. , « The physiological effects of Shinrin-yoku (taking in the forest atmosphere or forest bathing) : evidence from field experiments in 24 forest across Japan », Environnemental Health and Preventive Medicine, 2010, 15 :18-26.

[4] Christophe André, et al., Se changer changer le monde, Se libérer d’une société aliénante, Editions J’ai Lu.