Entrevue avec Marion Kaplan, bio-nutritionniste spécialisée en médecines énergétiques et auteur d’une quinzaine d’ouvrages sur l’alimentation. Sur le site Passeport Santé


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Marion Kaplan, vous êtes convaincue que le lait est néfaste pour la santé...

Pour le lait de vache ou celui des gros animaux, totalement. Est-ce que vous connaissez un animal dans la nature qui boit du lait après le sevrage ? Évidemment non ! Le lait est là pour faire l’intermédiaire entre la naissance et le sevrage, c'est-à-dire aux alentours de 2-3 ans pour l’homme. Le problème est qu’on s’est complètement dissocié de la nature et on a perdu les vrais repères... Et c’est comme ça pour une grande partie de notre alimentation : aujourd’hui quand on veut manger sainement, c'est-à-dire selon les saisons ou de manière locale, c’est devenu très compliqué. Quoiqu’il en soit, on nous fait croire que le lait est indispensable alors qu’on s’en est passé pendant très longtemps. Cela ne fait que trois ou quatre générations que l’on consomme autant de lait.

Beaucoup d’aliments sont apparus tardivement dans l’histoire humaine comme les pommes de terre, le quinoa ou le chocolat. Cela ne nous empêche pourtant pas de vanter leurs bienfaits...

C’est vrai, et d’ailleurs certains prônent de plus en plus le retour au régime « paléo ». Il correspond à ce que les premiers humains mangeaient spontanément, de façon naturelle. Puisque ce sont nos gènes qui déterminent nos besoins nutritionnels et que le génome a peu évolué, l’alimentation de l’époque est parfaitement adapté. Alors, comment faisait donc le chasseur-pêcheur pour vivre sans lait ?

Concrètement, qu’est-ce qui vous pousse à condamner le lait bovin ?

D’abord, il suffit de jeter un œil à l’alimentation que l’on impose aux vaches laitières. Ces animaux ne sont pas des granivores mais des herbivores. Or, on ne les nourrit plus à l’herbe, si riche en oméga-3, mais en graines qu’ils sont incapables capables d’assimiler et qui sont bourrées d’oméga-6. Est-il utile de rappeler que des taux élevés d’oméga-6 par rapport aux taux d’oméga-3 sont pro-inflammatoires ? Le système de l’élevage doit être complètement repensé.

( Concernant les Oméga-3 et Oméga-6, un article a déjà été publié sur ce blog : Faisons le point sur les graisses et les Oméga 3-6-9 )

Est-ce à dire que vous approuveriez le lait si les vaches étaient mieux nourries ?

Le lait en tant que tel après 3 ans, non. Définitivement non. C’est d’ailleurs à partir de cet âge que nous perdons la lactase, une enzyme capable de permettre la dissociation du lactose en glucose et galactose, permettant la bonne digestion du lait. De plus, la caséine, une protéine contenue dans le lait, peut traverser les frontières intestinales avant d’être disloquée en acide aminé et passer dans le flux sanguin. Cela va provoquer à terme des maladies chroniques ou auto-immunes que la médecine actuelle est incapable de soigner. Et puis, on ne peut pas passer sous silence tout ce dont renferme le lait d’aujourd’hui : des métaux lourds, des pesticides ou des hormones de croissances qui sont des promoteurs de cancer. Cela fait très longtemps qu’on le sait.

Parlons justement des études qui existent sur le lait, à présent. Il en existe de très nombreuses, et la dernière en date laisse croire que le lait puisse être néfaste pour la santé. Pourtant, il semble que celles qui considèrent le lait, bon pour la santé, sont bien plus nombreuses. Comment l’expliquez-vous ?

Justement, si c’était un invariant, c’est-à-dire si les études étaient unanimes sur le sujet, d’accord, mais ça n’est pas le cas. On ne peut pas isoler le produit laitier du reste de l’alimentation : comment ces tests peuvent-ils être bons ? Et puis, chacun est constitué de manière différente, notamment sur le plan du système HLA (un des systèmes de reconnaissance propre à l'organisme, ndlr). Des gènes gouvernent la synthèse d’antigènes particuliers présents sur toutes les cellules de l’organisme et ils sont différents d’un individu à l’autre. Ils conditionnent par exemple la réussite d’une greffe. On s’est aperçus que certains rendaient plus sensibles à certains virus, certaines bactéries ou certaines maladies, comme c’est le cas du système HLA B27 qui est lié à la spondylarthrite ankylosante. Nous ne sommes pas égaux devant la maladie, donc comment peut-on l’être devant ces études ?

Vous ne considérez donc pas les études sur les bienfaits des oméga-3 probantes ?

Effectivement, il est difficile de montrer par les études scientifiques leurs bienfaits. On ne peut que faire des rapprochements. Par exemple, les Inuits qui mangent très peu de beurre et très peu de lait mais davantage de graisse de canard et de poissons souffrent beaucoup moins de maladies cardio-vasculaires.

Bannissez-vous également les autres produits laitiers ?

Je ne bannis pas le beurre, mais il doit être impérativement cru, non pasteurisé et biologique car tous les pesticides se concentrent dans les graisses. Ensuite, si vous n’avez aucune maladie, aucun antécédent de diabète ou de maladie auto-immune, on ne peut pas s’opposer au fait de manger de temps en temps un peu de fromage, qui ne contient quasiment pas de lactase. Le problème c’est que les gens ne sont souvent pas raisonnables. En manger tous les jours ou deux fois par jour, c’est une catastrophe !

Les recommandations du PNNS ou de Santé Canada en recommandent pourtant 3 portions par jour. Principalement en raison de leur richesse en calcium et en vitamine D, supposément bénéfique pour la santé des os. Qu’en pensez-vous ?

En réalité, le calcium n’entre que dans une petite partie du phénomène de décalcification du squelette, responsable notamment de l’ostéoporose. Celui-ci est principalement du à une perméabilité intestinale qui va entraîner une malabsorption au niveau des nutriments, autrement dit un appauvrissement ou une carence en certains nutriments comme la vitamine D. Pour ce qui est du calcium, il y en a bien dans les produits laitiers, mais en réalité, on en trouve partout ! Il y en tellement partout qu’on est en surdose !

Comment avez-vous été personnellement convaincu par les méfaits du lait ?

C’est simple, depuis toute petite, j’ai toujours été malade. Elevée au lait de vache bien entendu, mais j’ai su très longtemps après que tout était lié. Je m’apercevais seulement que le jour où je faisais des jeûnes, je me sentais beaucoup mieux. Et puis après des années marquées par les migraines persistantes, le surpoids, les boutons, et enfin une maladie de crohn, j’ai commencé à trouver en en explorant, en rencontrant des professionnels de santé, des médecins homéopathe, des spécialistes de médecine chinoise. Le drame est de n’écouter que la théorie, les études et de ne pas écouter son corps.

Il y a donc selon vous une opposition entre ceux qui se basent sur les études scientifiques et les autres qui s’appuient sur l’expérimentation ?

Il y a des fragilités et des gens qui sont plus forts que d’autres, mais le lait ne doit surtout pas faire l’objet d’une recommandation unanime ! Que les gens fassent le test de ne plus consommer du tout de produits laitiers pendant un mois et ils verront. Qu’est-ce que ça coûte ? Ils n’auront pas de carence !

 


source : http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Entrevues/Fiche.aspx?doc=lait-bon-ou-mauvais-marion-kaplan