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5 erreurs des amateurs de plantes médicinales


Voici les remarques que peut recevoir Christophe Bernard par le biais de son blog : 

 

« Ton infusion de thym, pas désagréable à boire au final, mais pour ma dernière bronchite, j’attendais mieux ».

« Passiflore pour mieux dormir, tu parles. Ca m’a coûté 25 euros à la pharmacie, ça oui. Et les moutons, je les compte toujours ».

Ces commentaires expriment d’abord la frustration de la personne malade qui n’arrive pas à se sortir de sa situation et cela est très compréhensible.

Mais ce qu’ils soulignent aussi, c’est une incompréhension face au fonctionnement du végétal.

Et je ne jette la pierre à personne, car j’étais moi-même dans cette situation il y a quinze ans et j’ai appris de mes erreurs.

À travers mon expérience et celle de mes lecteurs, j’ai pu identifier cinq erreurs récurrentes en ce qui concerne l’usage des plantes.

 

Erreur n°1 : Attendre la plante « miracle »

Nous avons tous nos petits problèmes de santé. Moi, c’est la migraine. Elle m’a plombé bien des journées d’adolescence, puis elle m’a taraudé le crâne quand j’avais vingt ans. Le seul remède qui fonctionnait à peu près : 1000 mg d’aspirine. Tous les autres anti-inflammatoires ne donnaient rien. Je peux vous dire qu’au final, j’en ai consommé au kilogramme.

Lorsque plus tard j’ai commencé à acheter des ouvrages sur les plantes, je suis tombé sur la fameuse partenelle, aussi appelé « grande camomille » (Tanacetum parthenium).

J’en avais la larme à l’œil. C’était bien marqué noir sur blanc : la plante des migraineux, peu de migraines lui résistent !

J’ai acheté des gélules de qualité et j’en ai pris religieusement pendant trois semaines, trois fois par jour. Et vous savez quoi ? Rien, absolument rien ne s’est produit. Et autant vous dire que ce fut la grande déception.

Mais ma méprise la plus grande était sans doute celle-ci : l’espoir de la plante miracle.

Ce même espoir qui nous fait dire que le millepertuis seul nous sortira de notre dépression, que l’escholtzia nous redonnera le sommeil, et que saupoudrer de la cannelle sur les desserts nous redonnera notre sensibilité à l’insuline.

Comprenez bien, cette erreur est humaine. Le médicament a placé la barre très haut. Avec 1000 mg d’aspirine, ma migraine disparaissait en seulement deux heures. Certes, un fond de mal de tête subsistait mais ma journée était vivable. La plante, elle, a besoin de temps, car elle n’agit pas sur les mêmes leviers.

Elle agit sur le terrain, sur les faiblesses sous-jacentes qui créent le problème, même si elle arrive parfois à étouffer les symptômes- Du coup, lorsqu’on a passé des années à malmener son corps, il faudra bien quelques mois pour commencer à redresser la situation. Lorsqu’on se soigne avec les plantes, il faut accepter un chemin parfois tortueux, mais plein de leçons des plus intéressantes. Et si comme moi vous laissez tomber une alliée au bout de trois semaines, vous serez constamment déçus.

Erreur n°2 : L’idiot regarde…le sommet de l’iceberg

Le symptôme n’est que la partie visible de l’iceberg. Pour résoudre le problème et non l’étouffer, il faut regarder sous la ligne de flottaison. Et là, quelle masse de glace à explorer !

Oui, je le sais, c’est un travail de longue haleine. Il faut faire un bilan de sa vitalité, de son stress, de son sommeil, de son alimentation, de son activité physique, de son immunité. Un travail de titan, certes. Mais qui le fera à votre place ?

Et puis rien ne presse, si vous avez vécu avec un problème de santé chronique pour lequel la médecine conventionnelle n’a rien donné, vous n’êtes plus à quelques mois près. Autant recommencer sur de bonnes bases, tout passer à la loupe, tout noter dans un journal.

Lorsque j’ai effectué ce travail, j’ai identifié deux causes possibles pour mes migraines.

La première était l’alimentation, et spécifiquement une alimentation trop grasse qui, d’après mes recherches, enflammait légèrement ma vésicule biliaire et provoquait un mal de tête qui démarrait au niveau de l’omoplate puis remontait dans le crâne. J’avais donc une faiblesse du côté foie.

La deuxième cause de migraine était le stress avec le constat suivant : lorsque j’avais une période de stress intense au travail, dès que le stress s’atténuait, j’avais une migraine. Ces observations m’ont permis d’aller bien au-delà de la simple partenelle qui devenait l’une des plantes de mon protocole, mais certainement pas la seule plante ni la principale.

Il m’a fallu plusieurs années pour venir à bout de 90% de mes crises (oui, j’ai bien dit plusieurs années) et j’ai découvert de nouvelles parties du puzzle petit à petit (notamment un manque de magnésium). Tout ceci ne s’improvise pas.

Erreur n°3 : Toutes les formes ne se valent pas !

Je ne m’en cache pas, je n’aime pas beaucoup les gélules de plantes.

Je n’ai jamais eu de très bonnes expériences avec les produits que j’ai testés. Il y a bien sûr des exceptions, des labos qui font de bonnes gélules. Mais dans l’ensemble, on ouvre la gélule, et on ne sent rien, on ne détecte aucun goût. Et ma plante, elle est passée où ???

Notez aussi que du côté des plantes en vrac, on peut aussi avoir des mauvaises surprises avec des plantes mal séchées, sans couleur, sans goût et donc, vous vous en doutez, sans effet.

Pour m’assurer d’avoir des plantes de qualité qui ont conservé toutes leurs propriétés, voici les règles essentielles :

  • D’abord choisir la plante en vrac, ce qui nous permet d’inspecter, de triturer, d’écraser, de renifler, de goûter. Ensuite, on transforme en infusion, décoction, ou on fait les gélules nous-mêmes si nécessaire.
  • Sinon prendre une forme liquide, teinture ou macérât glycériné qui permet au producteur d’utiliser la plante fraîche. L’alcool ou la glycérine la conservera sur une longue période.

Erreur n°4 : Tout est une question de dosage !

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Une chose que beaucoup de gens ignorent c’est que très souvent, les conseils d’utilisation inscrits sur l’étiquette du produit comportent des doses qui sont trop faibles !

Pour arriver aux bonnes doses, il faut donc s’appuyer sur les générations de praticiens qui ont en fait l’expérimentation pour nous.

C’est pour cela que l’on consulte les ouvrages classiques de grands noms de la phytothérapie comme François-Joseph Cazin, Jean Valnet, Henri Leclerc ou encore Paul-Victor Fournier. Afin de transmettre le savoir des auteurs classiques en termes de dosages, j’ai d’ailleurs créé une grande collection de fiches de plantes sur mon site internet (www.altheaprovence.com).

Pour mieux comprendre l’importance du dosage, prenons un exemple.

Nous allons comparer les doses prescrites de trois produits à base de bardane. Pour rappel, la bardane est une plante dépurative (qui nettoie l’organisme) bien connue et utilisée pour stimuler l’évacuation des toxines au niveau du foie et des reins. On l’utilise aussi pour les problèmes de peau, car la peau et le foie sont intimement liés.

  • Produit numéro 1 : gélules d’une grande marque que je ne nommerai pas, 350 mg de poudre de racines par gélule, une gélule par prise.
  • Produit numéro 2 : teinture d’une marque que je ne nommerai pas, 30 gouttes par prise, ce qui représente environ (d’après mes calculs) 250 mg de racines brutes.
  • Produit numéro 3 : racines en vrac selon dosages de Valnet, 40 g par litres, 3 tasses par jour correspondant à environ 20 à 30 g de racines. Disons 20 g pour être conservateur.

Vous notez une différence ? 350 mg pour l’un, 250 mg pour l’autre, 20 grammes pour le troisième !!!

Bien sûr, nous avons tous notre sensibilité aux plantes, et chez certaines personnes, les 30 gouttes de teinture seront suffisantes. Mais si j’en crois ma propre expérience, c’est plutôt la troisième forme qui donnera des résultats.

Erreur n°5 : un problème aigu n’est pas un problème chronique

J’ai souvent mentionné l’importance de distinguer un problème chronique d’un problème aigu.

Pour le problème chronique, deux à trois prises par jour suffiront et on mise sur une action sur du long terme.

Pour un problème plus intense, il faut parfois frapper fort et mettre le paquet côté plantes. Par exemple, pour une infection hivernale, les plantes se prennent toutes les deux heures.

Si on parle de teinture, on prend une dose toutes les 2 heures, si on parle d’infusions, on essaye de boire une tasse toutes les 2 heures. Dans tous les cas, on va essayer de faire 5 à 6 prises par jour. Les dosages rapprochés nous permettent de fournir à notre corps la plante à intervalles réguliers.

Voilà, j’espère que le récit de mes ratés en phytothérapie vous permettra de mieux comprendre l’univers et le fonctionnement de nos amies les plantes.

Mieux encore, j’espère que vous comprendrez que ces 5 erreurs inévitables sont la plupart du temps la cause des échecs de votre guérison (en tous cas, ça l’a été dans ma situation).

Ne perdez donc pas espoir, redonnez une nouvelle chance aux plantes et surtout faites preuve de patience…

Ne dit-on pas que « tout vient à point à qui sait attendre » ?

Christophe Bernard,

Herbaliste, animateur de l’Atelier des Plantes



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Florence Savornin