Bonjour à tous!

Je reprends mon sujet de prédilection pour ce nouvel article : les émotions.  La rentrée est une période d'action où l'on fait des choix pour décider de comment va se passer l'année scolaire, et bien entendu on ressent toutes sortes d'émotions qui vont de paire avec ces choix ou ces non choix. Pour cela, voici un passage du livre "âme de sorcière" d'Odile Chabrillac  (p64-67) afin de vous aider à accepter ce florilège d'émotions :   

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" Tristesse, colère, joie, peur... Nos émotions constituent autant d'indicateurs de notre bien-être ou de notre mal-être, de ce qui est juste pour nous (et nous seulement) et de ce qui ne l'est pas. Si les scientifiques ont longtemps sous estimé et dévalorisé les émotions par rapport au raisonnement logique, c'est parce qu'elles naissent au plus profond de notre cerveau archaïque reptilien, avant d'être relayées par le néocortex, notre cerveau pensant. Depuis, ils ont découvert que la raison n'existe pas à l'état pur mais se nourrit des émotions. Le neurologue américain Antonio Damasio a ainsi démontré que connaître sans ressentir ne sert à rien, qu'un humain souffrant de "frigidité émotionnelle" est incapable de tirer des leçons de ses erreurs. Les réactions émotionnelles sont des repères. Elles nous aident à savoir où nous en sommes par rapport aux autres mais aussi et surtout par rapport à nous mêmes. Lorsqu'une situation ne nous convient pas, nous contraint, nous finissons par ressentir une gêne, une incohérence, un signal d'alarme intérieur, d'abord émotionnel. On peut l'écouter ou le faire taire (en utilisant des moyens extérieurs comme du tabac, des stimulants, de l'alcool, du café ou des divertissements en excès).

Si on les écoute pas, si on ne s'y fie pas pour poser des changements, des nouveaux choix pour notre vie, il est possible que notre corps exprime son désaccord en passant par d'autres moyens comme parfois la maladie...

Mais si l'on choisit de s'y fier, il importe de ne pas s'arrêter aux messages qu'elles expriment. Les émotions ne sont pas des fins en soi. Agréables ou désagréables, elles sont aussi des invitations à l'action. Cette notion de liberté nous invite peut-être à redéfinir notre positionnement par rapport à nos émotions, afin de cesser d'être le jouet de celles ci tel un petit bateau sur l'eau qui subirait les aléas du courant sans pouvoir rien maitriser.

Etymologiquement, le mot émotion vient du latin ex-movere, "aller vers" , "etre dans le mouvement". Il s'agit d'un processus biologique, naturel, inscrit dans notre corps.

On ressent souvent un sentiment d'impuissance, d'absence de liberté face à nos émotions : l'explication est peut être que l'on cherche souvent à les contrôler au lieu de simplement les accepter, de les ressentir, de les regarder passer sans s'y attacher. Or, leur fonction même est probablement de nous proposer un mouvement vers la vie, une libération face à une dualité, celle qui nous fait juger les évènements de notre vie comme positifs ou négatifs au lieu de les accepter sans bavardage intérieur, ni sous titres, de renoncer au "c'est bien" ou "c'est mal" pour aller vers le "c'est ainsi", en choisissant de faire confiance à la vie et à notre capacité de transformer les choses qui ne nous conviennent pas. 

 

On peut assimiler une émotion à une vague : si la vague est laissée libre, elle s'exprime puis s'apaise. Mieux vaut donc ne pas subir les émotions, ni les nier, mais les reconnaitre, les laisser nourrir le flux de vie en nous sans s'y attacher. Notre époque leur donne beaucoup de valeur : nous vivons dans des excès émotionnels permanents, qu'il s'agisse de ceux proposés par les informations télévisées, le cinéma, les romans à succès. Or , si la reconnaissance de ce que l'on ressent  en particulier au niveau émotionnel, est un préalable nécessaire, il s'agit de ne pas s'y arrêter , ni d'en faire la finalité de notre réalité, de ne pas s'identifier aux émotions mais bien de chercher à les maitriser et dépasser cette manière de voir afin d'avancer sur son chemin de vie vers davantage de sagesse et d'harmonie. Par exemple, chacun de nous peut se dire à l'intérieur de lui même : " je peux prendre acte que je suis en colère mais je ne suis pas ma colère. En revanche, celle ci est un indicateur qui souligne éventuellement que je dois davantage me protéger ou que je dois demander quelque chose à quelqu'un afin que je me sente mieux respectée." 

Nos émotions, nos sentiments peuvent être vus comme des indicateurs de notre réalité, des porteurs de notre pouvoir nous indiquant dans quelle direction nous devons regarder. Une telle maitrise des émotions suppose quelques préalables , et non des moindres puisqu'il s'agit de prendre à 100% la responsabilité de sa vie, de renoncer à donner du pouvoir à quiconque, pour vivre en autonomie. Selon, moi c'est sûrement ici que commence la vraie liberté. Dans l'action. "

Florence Savornin