Connaissez-vous le point commun que nous partageons avec les éléphants
 

Rassurez-vous tout de suite, nous n’allons pas faire une leçon de biologie !  Il ne s’agit ni de la force, ni de la peur des souris :) 
 

Ce que nous partageons toutes de manière plus ou moins prononcée avec les pachydermes est bien plus grave… Il s’agit de l’Impuissance Apprise.
 

Explications. En Asie, les éléphants sont (et c’est tragique ...) dressés dès leur plus jeune âge. Pour cela, les jeunes éléphanteaux sont enchaînés à un poteau au moyen d’une corde. Le jeune animal pèse alors une centaine de kilos : il a beau se débattre, tirer de toutes ses forces… Rien à faire : la corde est suffisamment solide pour qu’il ne puisse la briser.

 

Au fil des mois, l’éléphant grandit, grossit, jusqu’à devenir un colosse de plusieurs tonnes. La corde, quant à elle n’a pas changé et il suffirait d’un coup de reins pour que l’éléphant retrouve instantanément sa liberté. Pourtant...il n’essaie plus de briser ses chaînes


Pourquoi ? L’éléphant a APPRIS que la corde était incassable. Il CROIT que cette corde suffit à le retenir. 


La mauvaise nouvelle, c’est que nous sommes tous des éléphants… Comme eux, nous avons APPRIS dans l’enfance, suite à des échecs successifs, que dans certains domaines, il était préférable d’abandonner, de renoncer.

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Je suis nul en maths”, “Je suis incapable de parler en public”, “Je suis trop maladroit pour faire ça”...Non seulement nous avons grandi avec des croyances limitantes, mais pire encore nous les avons renforcées au fil des années !


Au delà de l’analogie avec l’éléphant, c’est le psychologue Martin Seligman qui a mis en lumière cette notion au milieu des années 60. Il définit alors l’Impuissance Apprise comme “le découragement engendré par la répétition d’échecs dans une situation donnée malgré les efforts accomplis pour remplir cette tâche”.


Reprenons l’exemple du fameux “Je suis nul en maths”. Enfant, vous n’avez pas compris la leçon sur la division euclidienne. Vous n’avez pas réussi l’exercice qui consistait à poser la première division. “Je suis nul en maths” avez-vous pensé pour la première fois…


Que se passe-t-il ensuite ? Votre cerveau - comme tout cerveau humain - a fonctionné par le biais de la confirmation d’hypothèse. Kezako ? Le biais cognitif naturel du cerveau qui consiste à isoler les informations confirmant les hypothèses précédemment formulées. 


Pendant les années qui ont suivi, vous avez donc retenu toutes les situations confirmant votre présupposé. Bien entendu, votre entourage, vos professeurs, vos collègues peut-être ont largement contribué à renforcer cette croyance. “Médecine ? Tu rêves ! Tu es nul en maths !”
 

 

 Bien, maintenant prenez quelques minutes pour vous poser la question. Dans quels domaines avez-vous tendance à renoncer avant d’essayer ? Sur quelles croyances installées depuis l’enfance cet état pourrait-il reposer ?


Pour agir sur l’Impuissance Apprise, vous devez identifier les croyances limitantes que vous avez bâti et renforcé au fil du temps. Vous pourrez ensuite renverser la vapeur en pratiquant ces deux exercices :
 

 Trouvez des exceptions 


L’Impuissance Apprise se caractérise par des généralisations abusives : “Je suis vraiment nul en cuisine. Je rate toujours mes gâteaux.” N’y a-t-il pas une petite fois où vos convives se sont régalés ? Où vous avez sorti le gâteau du four exactement au bon moment ?

Pour toutes les croyances que vous avez identifiées, entraînez-vous à trouver des exceptions. Ces preuves vont peu à peu permettre à votre cerveau de déconstruire l’hypothèse de départ.
 

 Envisagez l’erreur différemment 


Sortir de l’Impuissance Apprise nécessite de reprogrammer notre cerveau en ce qui concerne la notion d’échec. Répétez-vous cette fameuse phrase de Churchill “Le succès est l’aboutissement d’une succession d’échecs”.


En effet, comme nous le disons souvent, l’erreur et l’échec sont essentiels, ils sont le substrat de l’apprentissage. Ne pas échouer, c’est stagner et rester au même niveau de connaissance. Apprenez à considérer l’échec comme une étape essentielle de développement et une occasion de progresser !


J'espère que cet article vous aura permis de prendre conscience de vos croyances limitantes. C’est le premier pas vers le changement ! 

 

 


Source : Elodie Beaucent et Emma Denaive, Les Etincelles